Everdell: il n’y a pas que des écureuils!

Âge: 13+ (se joue bien à partir de 10 ans)

Nombre de joueurs: 1 à 4 joueurs (5 à 6 joueurs avec l’extension Bellfair)

Durée de la partie: 40 à 80 minutes

Everdell par James A. Wilson et distribué par Starling Games vous amène dans un monde où les citoyens sont des créatures de la forêt à la recherche de la meilleur contrée pour habiter.

Vous êtes à Everdell, une vallée sympathique qui aura bientôt 100 ans (voir plus loin dans l’article pour les infos sur l’extension Bellfair) et vous êtes chargé de construire la ville qui sera le joyau de l’endroit et où les habitants voudront s’y installer. Tout au long de la partie, vous construirez des immeubles de fonction et de prestige, vous inviterez les meilleurs citoyens pour offrir des services essentiels à la ville et vous augmenterez le prestige en y installant des monuments et des évènements pour attirer la population de la vallée d’Everdell.

Le jeu a des mécaniques intéressantes qui s’agencent bien les unes avec les autres. Il y a du placement d’ouvriers comme dans biens d’autres jeux et de la pige de cartes pour bâtir sa ville. Une partie complète se fait en 4 tours de jeux non synchronisés entre les joueurs. Un peu comme dans le jeu Tapestry (évaluation à venir) où les joueurs terminent et commencent leurs ères à différents moments dans la partie, Everdell propose un jeu en 4 saisons et chacun des joueurs décideront quand ils passeront d’une à l’autre. En plus, la fin de la partie de se fait pas en même temps tous les coups pour tous les joueurs, ce qui amène un peu plus de stratégie. Vais-je me dépêcher pour terminer ma ville rapidement et de pas laisser de chances aux autres joueurs de venir contrer mes plans ou j’attends plus longtemps pour mettre la main sur LA carte dont j’ai besoin?

Pour jouer, chaque participant aura 3 options d’actions par tour: placer un ouvrier, placer une carte immeuble ou personnage, terminer la saison. Placer un ouvrier permettra d’accumuler des ressources, des points, d’accomplir des évènements ou d’activer des fonctions de cartes.

Placer des cartes permettra d’augmenter sa ville jusqu’à un maximum de 15 immeubles/personnages. Le joueur aura la possibilité de jouer une carte de sa main ou de la pige commune face visible au centre du plateau de jeu. Les immeubles pourront fournir des points, des ressources ou des habiletés qui aideront les joueurs comme une réduction sur le placement d’une nouvelle carte. Ces cartes sont réparties en 5 catégories: ressources avec un effet instantané, voyageurs avec un effet instantané qui donnera un certain avantage au joueur, parchemin qui s’activera avec l’ajout de nouvelles cartes, lieux de rencontre qui ajoute un lieu d’action où on pourra placer un ouvrier et finalement prestige qui ajoute des points de fin de partie selon certaines conditions. De plus,il arrivera des occasions qui permettront de placer une carte gratuitement grâce à une autre carte qui lui est jumelée, un peu comme dans 7 Wonders. Si vous avec en jeu une carte immeuble, vous pourrez placer gratuitement et une seule fois par immeuble, le personnage correspondant. Par exemple, la mine est placée en jeu. Comme c’est une carte ressource, elle vous donne immédiatement la ressource correspondante et donne la possibilité de sortir une carte personnage Mineur gratuitement dans un prochain tour si vous obtenez cette carte.

Bien entendu, placer une carte demande que le joueur ait les ressources nécessaires. Il faudra donc placer ses ouvrier sur les cases ressources pour obtenir et s’assurer d’en avoir assez pour jouer ses cartes.

Il y a aussi la possibilité de terminer sa saison lorsqu’on le souhaite ou quand on n’a plus de possibilités de jouer. Chaque fin de saison amène ses avantages et désavantages. Il se peut que de terminer sa saison tôt amène la possibilité de recevoir de nouveaux ouvriers ou de nouvelles cartes, mais en même temps, ça rapproche le joueur de sa fin de partie plus vite. Au début du jeu, chaque joueur n’a que 2 ouvriers, mais au cours des saisons, il augmentera le nombre de ceux-ci. Cela lui permettra de prendre plus d’actions avant de passer à une autre saison. Un autre avantage est celui de réactiver ses cartes ressources durant 2 des trois fins de saison. Plus il y en a, plus de ressources seront accumulées et plus de cartes pourront être jouées.

Chaque joueur déterminera par ses actions la durée de chaque saison, mais après 4 saisons, la partie est terminée. Il faudra garder aussi un oeil sur sa ville car elle ne pourra par contenir plus de 15 cartes au total. Une fois la partie complétée, on compte tous les points des immeubles, des personnages, des bonus, et des évènements acquis au cours de la partie et celui qui a terminé avec le plus de points gagne et a l’honneur que sa ville soit le joyau de la vallée d’Everdell.

Le jeu en tant que tel est super bien fait. Le plateau de jeu est beau et de bonne qualité. Les “meeples” qui servent de pions sont faits de bois et sont vachement sympathiques. Il représentent différents résidents de la vallée d’Everdell: hérissons, écureuils, tortues et souris. Les cartes sont solides et ne s’endommageront pas trop rapidement. Un bémol: l’Evertree qui trône sur le plateau. Bien qu’il contribue à l’ambiance, il devient problématique de le monter et le démonter à chaque partie. Il s’endommage rapidement ce qui fait que le mien est toujours monté et hors de sa boîte.

Coté jouabilité, le jeu s’en sort assez bien. Il n’est pas stressant, facile à maîtriser et il y a un bon équilibre entre le hasard et la stratégie. Par contre, après quelques parties, on peut vite retrouver des stratégies à répéter à chaque partie car les cartes sont quand même limitées. Dans l’évaluation précédent d’Isle of Cats, j’avais mentionné que les cartes objectifs de fin de partie pouvaient être interchangées pour d’autres et que cela gardait les parties fraiches et non répétitives. Je pense que le jeu de base aurait pu avoir ces options. Il y a aussi le fait que l’interaction entre les joueurs est limitée à qui prendra la carte avant l’autre joueur ou comment bloquer les ressources pour empêcher l’autre d’en avoir… Un peu plus de compétition aurait été bien.

Ce qui m’amène à dire que le jeu est plus appréciable avec une extension. J’ai l’extension Bellfair et ça ajoute quelques objectifs de fin de partie, des pouvoirs de joueurs et tout le matériel nécessaire pour jouer de 5 à 6 joueurs. Déjà, avec ça, on y ajoute quelques options de plus. Je ne sais pas pour les autres extensions c’est comment par contre.

Je ne veux pas oublier la possibilité de jouer seul au jeu. Everdell propose des scénarios qui plonge le joueur dans l’univers du jeu: période médiévale dans laquelle les animaux de la vallée cherchent le bonheur et la prospérité. C’est une belle option lorsqu’on ne trouve pas d’amis avec qui jouer ou quand on a le goût d’être seul et d’avoir un temps ludique relax.

Everdell est un jeu qui plaira à ceux qui veulent sortir des jeux lourds en stratégie, aux joueurs occasionnels ou à ceux qui voudront se plonger dans un univers différent qui leur fera retomber dans Les Contes de la Forêt Verte! Alors, qui est prêt à essayer de créer le joyau d’Everdell?