Gùgōng : Corruption ? Je n’ai jamais entendu ce mot !

Gùgōng

Auteurs : Andreas Steding

Nombre de joueurs : 1-5

Âge : 12 ans et plus 

Durée : 90 minutes 

 

Corruption ? Je n’ai jamais entendu ce mot !

Dans Gùgōng vous représentez une famille chinoise en 1570. L’empereur a mis en place une mesure de mise à mort pour toute personne qui offrirait de l’argent à ses fonctionnaires en guise de corruption pour avoir des privilèges. Mais comme dans la réalité, les gens n’allaient pas simplement dire : Ok, on va arrêter de le faire. Ils ont mis un système en place pour détourner la mesure et ainsi arriver à leurs fins. Vous devrez donc, afin de devenir la famille la plus influente, accumuler des points de victoire grâce à vos échanges de cadeaux avec les fonctionnaires. Mais tout cela n’aura servi à rien si vous n’arrivez pas à avoir une audience avec l’empereur lui-même à la fin du 4e jour.

Mais comment corrompre les fonctionnaires sans me faire prendre ?

Votre plan se déroule en 3 phases qui se répètent sur 4 jours :

Le matin

Vous remettez les choses en place, attribuez le jeton de premier joueur, résolvez les décrets impériaux et recrutez de nouveaux serviteurs.

Le jour

C’est là que vous pourrez jouer du coude avec les autres familles pour recueillir les points vous menant vers la victoire. Vous devrez constamment surveiller qui ils soudoient pour tenter de les bloquer ou même en tirer avantage. Car pour éviter de manger le riz par la racine, vous devrez offrir des cadeaux sous forme d’objet aux fonctionnaires et non simplement de l’argent. Ceux-ci vous redonneront un objet en échange. Il n’y a donc pas de corruption puisque ce n’est qu’un échange d’objets. Mais c’est dans la valeur des objets que l’influence se gagne ou se perd.

Le plateau représentant la Cité Interdite, ou Gùgōng, permet d’agir auprès de différents fonctionnaires responsables de lieux distincts :

  • La zone Voyage où votre serviteur à cheval pourra vous ramener des items vous procurant des pouvoirs.
  • La Grande Muraille où vous recevrez des récompenses si vous travaillez à sa construction.
  • Le marché de jades pour vous enrichir à la fin de la partie.
  • L’espace Intrigues où vous allez tenter de magouiller en secret pour vous avantager à certains moments.
  • L’espace des décrets pour avoir plus de pouvoirs.
  • Le Grand canal pour commercer avec votre bateau et en tirer avantage.
  • Le Pavillon de Pureté Céleste (oui, oui, rien de moins) où vous devrez progresser pour avoir une audience avec l’empereur Longing, de la dynastie Ming.

Chaque lieu a une action qui y est rattachée et les cartes que vous avez en main représentent les cadeaux que vous avez à offrir. Chaque cadeau a une valeur et parfois une action. À votre tour, vous devez donner un cadeau de valeur plus grande que celui qui vous reviendra du fonctionnaire. Vous pouvez alors réaliser l’action de la carte en premier et celle du lieu ensuite. Il vous faudra parfois utiliser vos serviteurs pour réaliser des actions. Il faudra bien calculer vos magouilles, car nos serviteurs sont peu nombreux.

La pose des cartes apporte toute la dynamique au jeu. Car lorsque quelqu’un dépose sa carte et prend celle qui appartenait au fonctionnaire, il change aussi la valeur du cadeau, donc cela affecte votre stratégie. De plus, le fait de recevoir des cadeaux de petite valeur des fonctionnaires, même si les actions sont intéressantes, réduira votre pouvoir d’action pour gagner de l’influence dans les autres tours, car vous n’aurez que des cadeaux médiocres à offrir. Il vous en coûtera donc des serviteurs précieux ou des cartes de votre main pour accompagner votre offrande si vous désirez accéder à un cadeau de plus grande valeur. À moins que vous ne souhaitiez échanger vos objets, sans prendre aucune action en retour.

Vous devrez donc user de tout votre savoir-faire en termes de corruption pour tirer votre épingle du jeu.

La nuit

Une fois la journée terminée, la nuit arrive. Cette période d’accalmie dans la Cité vous permettra de récupérer des serviteurs si la valeur des cadeaux de votre défausse équivaut à la valeur des dés du Destin lancé au matin. La famille avec le plus de concordance recevra des points d’influence ainsi que l’accès à une marche de plus pour se rapprocher de l’empereur. Et comme le courant transporte les bateaux même la nuit, ceux-ci avancent d’une case. Vous aurez intérêt à avoir rempli votre bateau de vos serviteurs et d’avoir acheté quelque chose avant que votre navire ne se perde en mer.

Comment savoir si j’ai la famille la plus influente ?

Comme tout le monde a agi en secret, la famille la plus influente ne sera révélée qu’à la fin de la 4e nuit. Agir en secret est un grand mot, car vos espions auront quand même gardé l’œil sur les autres familles, vous informant de leur progrès.

Il y aura un dernier décompte pour la construction de la Grande Muraille. Si vous avez activé certains décrets, ils vous rapporteront des points. Plus vite vous êtes arrivé aux portes du Pavillon de la Pureté Céleste, plus vous aurez de points. Et finalement, aux points déjà amassés lors de la partie, vous ajoutez aussi vos points selon les jades que vous avez achetés.

La famille avec le plus de points l’emporte à une seule condition : vous devez obligatoirement atteint le Pavillon de la Pureté Céleste, sans quoi, même si vous avez amassé plus de points, votre démarche n’aura servi à rien, car vous n’aurez pas d’audience avec l’empereur.

 

Est-ce que j’ai aimé faire des intrigues et soudoyer des fonctionnaires ?

Ma réponse est simplement OUI ! Gùgōng a été une réelle surprise pour moi. Je ne l’ai que très peu vu passer sur les réseaux sociaux avant d’y jouer. Il offre une belle expérience dans un mélange de placement d’ouvriers (cartes), de collection d’ensembles et d’une gestion de main.

On doit toujours s’ajuster à ce que font les autres, car cela change le portrait des fonctionnaires et l’impact de nos cadeaux. Les stratégies sont variées et il même s’il faut être un peu partout, on doit focaliser sur une stratégie pour remporter la victoire. Il n’est pas possible d’être efficace partout.

Le matériel est superbe. Le visuel est tout simplement du bonbon pour les yeux.

Il faut toutefois se laisser du temps pour maîtriser l’iconographie, car il y a beaucoup de symboles. Après une partie, on saisit toutefois bien ce qu’ils veulent dire.

Et chose intéressante, il y a des références partout pour les différentes étapes à suivre pour chaque phase. Et cela est bien pratique.

La thématique, bien qu’intéressante, ne se ressent pas trop au final. Cela n’influence pas trop notre expérience toutefois.

Ah oui. Il y a aussi une version solo que je n’ai pas eu l’occasion d’essayer par contre.

C’est donc un jeu très satisfaisant et qui a beaucoup à offrir… en échange d’un cadeau de votre part !  

Je vous le conseille si vous aimez :  

  • Les placements d’ouvriers ; 
  • Avoir différentes possibilités de stratégies ; 
  • Pouvoir influencer les choix des autres ; 

 

Je vous le déconseille si vous n’aimez pas :  

  • Vous ajuster tout le temps ; 
  • L’analyse paralysante, car elle peut être présente ; 
  • Devoir expliquer plein de symboles à de nouveaux joueurs.