Era: l’âge médiéval

Auteur : Matt Leacock

Nombre de joueurs : 1-4

Âge : 8 ans et plus 

Durée : 45-60 minutes 

Era, un Catan pour gamer?

Dans Era, vous incarnez un seigneur qui veut développer son domaine dans le moyen-âge espagnol. Les romains sont en déclin et de votre côté, vous mettez toutes les chances de votre côté (la chance de vos dés surtout) pour construire une citée prospère sur votre plateau individuel. Mais faites vites, car certains bâtiments ne peuvent être construits en grande quantité. Vous devrez jouer de finesse et de stratégie pour vaincre les autres seigneurs. Peut-être que vous laisserez même certains de vos habitants hors des murs de l’enceinte de la ville, les laissant en proie aux brigands et catastrophes, juste pour avoir une cité plus grandiose.

Faites vos plans pour construire votre ville! 

Era : l’âge médiéval, est un jeux où on pousse notre chance, on collectionne des ressources et on construit notre cité. Au début de la partie, chaque joueur reçoit son plateau personnel comprenant une section pour comptabiliser ses ressources et une autre pour construire sa cité. Les joueurs reçoivent aussi des murailles, un donjon, quelques fermes et potentiellement une région dévastée. Il reçoit aussi des dés de départ qui lui permettrons d’accumuler des ressources essentielles pour la construction des bâtiments, pour attaquer, se défendre ou pour recevoir (ou donner) des malus.

La chance sera-t-elle de votre côté?

Le jeu se déroule en plusieurs manches comportant 6 phases chacune. La fin de la partie est déterminée par les jetons de temps (3) qui sont tournés lorsqu’une réserve de bâtiments est vidée.

Voici les différentes phases :

Lancer

Dans cette phase, vous lancerez vos dés derrière un écran. Vous pourrez lancer vos dés 3 fois sauf les dés comportant des crânes. Osez-vous pousser votre chance pour avoir le nombre de crânes essentiels pour nuire à vos adversaires?

Collecter

Grâce aux résultats obtenus sur vos dés, vous pouvez maintenant collecter les ressources dont vous vous servirez plus tard. Vous recevez aussi du bois supplémentaire si vous avez construit une scierie et de la nourriture si vous avez des fermes.

Nourrir

Vos dés représentent la population de votre bourgade. Il vous faudra dépenser une unité de nourriture pour chaque dé sans quoi vous devrez vivre avec la famine de vos citoyens sur la conscience. Le pion désastre de votre plateau avancera, vous rappelant le peu d’empathie que vous avez pour vos sujets.

Subir des désastres

Selon les crânes obtenus sur vos dés, vous devrez subir des malus ou vous en ferez profiter vos adversaires. Vous pourrez donc recevoir un désastre en plus de perdre une ressource, recevoir un désastre par bâtiments qui sont adjacents, donner une région ravagée non-fortifiée à un adversaire, perdre un bâtiment, faire perdre un bâtiment non-fortifié à un adversaire et perdre toutes vos ressources « Biens ».

Construire

Grâce à vos ressources et les icônes de marteaux, vous pouvez maintenant construire des bâtiments que vous pourrez placer sur votre plateau personnel. Les bâtiments ont des formes différentes. Chaque type vous apportera des points à la fin de la partie ainsi qu’un avantage. Cela peut aller à recevoir des ressources lors de la collecte, recevoir des dés de couleurs différentes vous permettant de cumuler des ressources supplémentaires ou de la culture, vous donner des points en fin de partie, changer la valeur d’un dé et même immuniser contre certains effets de crânes. La course sera donc féroce pour construire les bâtiments intéressants.

Extorquer

Vous pourrez aussi voler des ressources à vos adversaires si vos dés comportent plus d’épées ou de boucliers chez vos adversaires. C’est un autre moyen de récolter des ressources sans trop d’effort!

Et comment pourrais-je démontrer aux autres que je suis le plus grands?

Lorsque les 3 jetons de temps seront retournés, la partie prend fin. Les joueurs comptabilisent alors les points de leurs bâtiments (en double s’ils sont fortifiés), les bonus de certains bâtiments, les points de culture, le bonus si vous avez la plus grande cité fortifiée. À tout cela vous devrez soustraire vos points de désastre. C’est à ce moment que vous découvrirez si vous êtes ou non le plus grand des seigneurs. Avez-vous l’étoffe pour vous attaquer à un tel projet?

 Est-ce qu’il peut combler les anciens amants de Catan?

À la lecture du résumé et des règles, je me suis réellement dit que le jeu pourrait remplacer Catan. Comme dans ce dernier, il y a une bonne part de hasard, mais il y a moyen de le mitiger un peu en ayant 3 lancers. De plus, certains bâtiments peuvent avoir une influence pour changer la valeur des dés. La similitude avec Catan vient justement du hasard qui va dicter les ressources que nous cumuleront et du fait que nous construisons une ville. Il n’y a toutefois pas de période de négociation, la construction de nos bâtiments se faisant seule chacun de notre côté. L’interaction se fera alors autrement, soit par la course aux bâtiments, car ils sont limités et par les malus qui peuvent influencer les adversaires.

Je dois maintenant parler de 2 points négatifs. Le premier est le plateau personnel. Quand on le découvre dans sa boîte, cette plaque de plastique d’un jaune malade nous donne le goût de remettre le couvercle. Mais qu’il est laid! Il a beau être pratique, mais ils auraient pu se forcer pour mettre plus de couleurs ou du moins d’en mettre une plus agréable à l’œil. Je comprends bien que c’était pour laisser plus de place au rayonnement des bâtiments, mais quand même.

Le deuxième point est la condition de fin de partie. Le fait de vider seulement 3 types de bâtiments peut être frustrant. En effet, si un joueur pense qu’il est en avance (et ça peut se faire aisément en regardant les villes des autres), il peut, s’il a les dés et les ressources nécessaires, finaliser la partie en achetant les derniers bâtiments de certains types. Il n’y a donc pas de réel moyen de savoir s’il nous reste un-deux-trois tours avant la fin. On peut carrément de faire fermer la partie en pleine face.  Heureusement, il y a plusieurs propositions de joueurs sur Internet pour changer la fin du jeu. Cela augmentera clairement le plaisir et évitera des frustrations surtout à deux joueurs alors que certains bâtiments sont très peu nombreux

Pour le reste, il faut avouer que les bâtiments ont de la gueule. Ils ont des formes et des couleurs différentes. Ils sont assez détaillés pour que le coup d’œil soit agréable. C’est jouissif de les positionner et de voir la ville prendre forme.

Si vous aimez le hasard, vous y trouverez votre compte. Le fait qu’on puisse relancer les dés permet d’essayer d’avoir un certain contrôle. Mais si vous êtes comme moi, peu importe votre volonté, vous allez rouler tout ce qu’il ne vous faut pas!

Il est intéressant d’essayer de maximiser son plateau avec des bâtiments qui ont des pouvoir et des pointages variés. Si on change la condition de fin de partie, il y a vraiment moyen d’en faire un jeu très intéressant et dynamique

Contrairement à Catan, vous n’attendrez pas pendant quinze minutes que vos coéquipiers transigent moutons et briques. Au pire, il y aura un peu de réflexion pour le choix d’un bâtiment. Le rythme est assez rapide et on garde un intérêt tout au long de la partie. Je crois que si vous avez aimé Catan, et que vous auriez le goût d’y revenir, mais que votre dernière partie à attendre d’avoir des foutues roches vous hante encore, Era: l’age médiéval viendra combler cela. Il vous faudra probablement adapter la fin du jeu, mais il est plaisant à jouer avec un niveau un peu plus élevé que Catan. Les pouvoirs, les pointages différents et les malus viendront faire de ce jeu un beau substitut au classique sans pour autant être beaucoup plus complexe.

Je vous le conseille si vous aimez :  

  • Les dés et le hasard; 
  • Construire des villes avec de vrais bâtiments en 3D; 
  • Les jeux avec une interaction relativement minime entre les joueurs. 

Je vous le déconseille si vous n’aimez pas :  

  • La courses aux points pour une fin de match; 
  • Le plastique, car il y en a beaucoup, surtout le plateau jaune des joueurs (j’en reviens pas car il est vraiment laid, mais il est pratique); 
  • Brasser des dés.